Chapitre 14 : Je subis les foudres d’un ego sur-dimensionné.

J’ai 16 ans, et je suis au bout du rouleau, ces visites d’entités sont incessantes. J’ai besoin d’aide, mais je ne sais qui peut me l’apporter. Je me sens démunie face à ces ressentis que je ne maitrise pas, que je ne contrôle pas.
Si seulement je pouvais en apprendre les bases. Si seulement, quelqu’un pouvait m’apporter de l’aide, me libérer de ces âmes errantes effrayantes, et dans la terreur.

Un ami que je nommerais Olivier, me dit au détour d’une conversation, que l’un de ses amis est médium. Il possède son cabinet de médium professionnel, et reçoit régulièrement des clients en demande. Puis il me dit que, ce serait peut-être une bonne occasion pour moi d’obtenir de l’aide de quelqu’un qui a les capacités pour me conseiller et m’aider.

J’y réfléchis, longuement. Ce n’est pas une petite décision, car en effet, je vie à Tours, et ce médium vie à Caen. Je ne suis jamais allée aussi loin sans mes parents. Surtout pour une étape aussi peu confortable. Le trajet nécessitera des frais, même si olivier est originaire de Caen, et peut donc me loger sur place, le temps nécessaire.
J’en parle à mes parents, nous discutons longuement. Je décide également d’en parler à ma tante, l’un de mes premiers soutiens. Mes parents sont perdus, ils veulent mon bien, ils s’en reportent à mon jugement, me proposant de régler l’ensemble des frais que ce voyage comporterait.
Ma tante quant à elle, ne le sent pas. Elle me met en garde contre cette personne qu’elle ne connait pas. Mais il est clair que son intuition lui conseille la prudence.

Je décide de tenter le tout pour le tout, malgré la mise en garde de ma tante. Je me dis au fond, que si je n’essaie pas, je ne pourrais savoir si cela valait le coup.

Je suis à la gare, mes billets en main, avec Olivier, dont la compagnie me rassure. Nous montons dans le train, et passons l’ensemble du voyage à discuter. Olivier est un très bon ami, je sais que nous passerons, de toute façon, un bon moment.

Me voilà à Caen, la ville est très jolie. Je regarde par la fenêtre, ces rues que je ne connais pas, mais qui me fascinent par leur nouveauté.
Une fois arrivés chez la mère d’Olivier, je suis ravie par cet accueil chaleureux. Mais très angoissée par le rendez-vous qui aura lieu tout à l’heure. Juste le temps de poser nos affaires, nous partons à pieds, rejoindre le médium.

Au fond de moi, j’espère le rencontrer dans un lieu calme. Je ne suis pas habituée à parler de ces choses, de ces « capacités ». Cela me met mal à l’aise, et éveille en moi une certaine pudeur. Persuadée donc, que nous allons nous rendre dans son cabinet de médium, j’y vais d’un pas enjoué.

Lorsque tout à coup, je comprends, que la rencontre aura lieu … Dans un Café-Bar-Restautant, avec nombre de personnes autour de nous. Je sens en moi une montée d’angoisse. Mais je fais confiance à ce médium, qui, j’en suis sûr, saura mener le rendez-vous de façon professionnelle. Celui-ci est en connaissance du fait, que je viens à Caen pour le rencontrer, et que ces quelques jours sont consacrés à notre rencontre.

Le médium arrive, avec un grand sourire. Nous nous saluons, et entrons dans ce café-bar-restaurant, pour nous installer à l’une des tables.
Je suis d’abord surprise par ses premières questions, notamment celle-ci :
« Bon, qu’est ce que tu ressens dans ce lieu ? Des entités ? L’histoire du lieu ? ».
Je suis tout à fait déconcertée, je ne m’attendais pas à un test de ce genre. Alors je tente tant bien que mal, de ressentir quelque chose. Étant habituée à me couper de mes ressentis lorsque je suis en public, je ressens des difficultés à lâcher prise. Mais je lui localise malgré tout les quelques entités que je ressens, dans la cuisine du restaurant. Je lui mentionne également les quelques autres entités énergétiques que je ressens.

Celui-ci me regarde, acquiesce mais me fait remarquer que j’ai loupé certaines choses. Je me dis alors que, mince alors, je n’ai pas su être à la hauteur. Puis, tout en m’expliquant ce que j’ai oublié de mentionner. Il m’accorde, que ce que j’ai su lui dire, était déjà pas mal. Je suis décontenancée, je ressens de la difficulté à trouver en moi, un sentiment de confort. Olivier est à côté de moi, il commence à vaciller. Les entités, les fantômes, c’est trop pour lui, cela éveille des peurs.

Le médium passe quelques minutes, très longues minutes, à s’occuper d’Olivier. Je sens que le l’instant m’échappe. Puis il revient vers moi.

Durant de longues minutes, celui-ci me « révèlera » que mon troisième oeil est orienté vers le mal. Que je suis assaillie par ces entités « malfaisantes » à cause de cela. Puis il me dira que je possède en moi un passé de sorcière, venant d’une autre incarnation. Cette incarnation ma value la pendaison, ce qui me provoque des douleurs dans la nuque. Il est vrai que ma nuque a toujours été douloureuse …

Puis il passera la fin de la séance à s’occuper d’Olivier, qui est éprit d’un rire nerveux, et d’une angoisse palpable.

J’attends pourtant impatiemment des solutions à tous ces « problèmes ». Comment faire pour ne plus être, toutes ces choses que je ne ressens pas dans mon coeur ? Après tout, j’ai fait tant de kilomètres pour obtenir ces fameuses réponses. Je ne peux en rester là !

Mais à mon très grand étonnement, le médium nous dit qu’il a un rendez-vous, il doit partir. La séance ne durera plus longtemps. Il me laisse donc avec ces quelques tremblantes informations. Je me retrouve chargée de tant d’autres abominations que je n’espérais sincèrement pas porter, en plus de celles déjà présentes.

Sur le chemin du retour, je regarde Olivier, et lui dis « Mais, le médium, je vais le revoir avant de partir n’est-ce pas ? ». Olivier me dit que le médium doit venir dîner chez lui le soir-même, et que nous pourrons certainement le revoir le lendemain, mais rien n’est certain.

Le trajet du retour est éprouvant. Nous rentrons chez Olivier, celui-ci souhaite me montrer sa salle de musique, au sous-sol. Nous descendons, je suis assise sur le sofa, et Olivier joue de la guitare, de l’autre côté de la pièce. Je suis perdue, je me sens si mal au fond de moi. Je ressens une forte tristesse, l’horreur de ces nouvelles informations me fait frissonner. Suis-je une mauvaise personnes alors ?

Je décide d’appeler ma mère, elle saura me réconforter. Au téléphone, je fonds en larme :
« Il m’a dit que mon troisième oeil était orienté vers le mal, le bas astral. Et puis, j’ai été une sorcière, j’ai été pendue. Maman je ne sais plus quoi faire … ».

Lorsque celle-ci me répond :
« Mais, avec toutes ces informations, t’a t’il au moins, donné des éléments de réponse, ou de l’aide ? ».

Non, il ne m’a pas donné d’éléments de réponses. Il n’a fait que me déballer d’immondes informations, que je ne suis dans la capacité de vérifier. Et qui m’épuise le coeur bien plus encore.
Je ne sais que faire de tout cela. J’ai fait tant de chemin pour obtenir de l’aide. Je sens que le fardeau est aujourd’hui bien plus lourd encore.

Le soir arrive, l’apéritif commence, le médium est présent, avec son compagnon. Je ne ressens aucune hostilité pour lui. Car il est à mes yeux, le seul à pouvoir m’apporter de l’aide. La soirée se déroule bien, nous abordons bien des sujets intéressants. Comme les entités, les extra-terrestres, et tant d’autres.
Quelque chose, cependant, me fais sentir un contraste entre ce que je suis, et ce qu’il est. Au-delà de nos différences innées, je sens en lui le besoin, le désir ardent de prouver qu’il a raison. Il possède un besoin criant de ne pas être contredit, de ne pas le permettre. Sa philosophie de vie est terriblement défaitiste. Il est, en lui, persuadé, que le mal rode autour de nous.

Si selon lui, je suis un être du mal, je ne ressens pourtant pas en moi ce constant danger, qu’il mentionne.

La soirée est terminée. La journée fut éprouvante. Je suis contente de rendre visite à mon ami, mais je serais heureuse de rentrer chez moi malgré tout.

Je ne reverrais pas le médium le lendemain. Je ne le reverrais pas. Je ne peux m’empêcher de penser qu’il a vu en moi cet être du mal. Et je ne peux m’empêcher d’y croire. Cela m’effraie. Je ne sais qu’en penser. Je suis dans le train, celui-ci arrive aux alentours e 17h à la gare de Tours.

Le train est en gare, je saisis ma valise, descends du wagon. Lorsque je vois ma mère, au loin, ses yeux bien trop humides pour n’être qu’une poussière. Je marche vers elle. À chaque pas, je sens en moi un élan d’émotion supplémentaire. Lorsque j’arrive à son niveau, nous nous enlaçons, en pleures. Je ne suis pas la seule pour qui ces jours ont été terribles. Le manque et la distance ont créé en ma maman, un terrible désarroi.

Le lendemain, je pars rendre visite à mon frère, vivant à la Rochelle, pour quelques jours. C’est au moment du retour, que mes guides et l’Univers vont m’apporter leur aide. Dans la voiture de covoiturage me ramenant jusqu’à Tours, je suis accompagnée de 4 autres personnes. Nous nous arrêtons en escale dans une ville, où deux des passagers doivent descendre. Je me retrouve donc seule avec une dame, dans la voiture.

Celle-ci me dit : « J’ai l’impression que l’on se connait ! ».

Je lui réponds avec surprise que je suis Tourangelle, en lui donnant quelques lieux importants que nous pourrions avoir en commun.

Lorsqu’elle me dit « Non, je crois que nous nous connaissons d’une autre vie. »

Je la regarde quelque peu désarçonnée : « D’une autre vie ? Peut-être ! Vous savez, j’apprenais le magnétisme avec mon grand-père. Je ressens beaucoup de choses également, enfin je crois. Vous êtes intéressée par tout cela ? ».

Elle me répond par l’affirmative, elle s’intéresse de près à la spiritualité. Ce trajet est d’ailleurs son moyen de locomotion, pour atteindre une formation dans le domaine.

Puis, spontanément, j’en viens à lui parler de cette terrible expérience que j’ai vécu quelques jours plus tôt. Et de ce que le médium a dit de moi. Je lui en parle pleine de tristesse, persuadée d’être une mauvaise personne.

Lorsque celle-ci me répond, très sûr d’elle : « Tu dois être très vigilante ! Tu es une âme très pure, et c’est facile à déceler. Certains thérapeutes, par jalousie, essaierons de te faire croire le contraire. C’est très envié tu sais, d’être comme toi. Ne crois pas tout ce que l’on te dit. Tu es assurément une belle personne, je le vois dans tes yeux. »

À ce moment, le conducteur remonte dans la voiture. Par pudeur, nous stoppons la conversation au même instant.
Je suis encore plus décontenancée qu’auparavant. Je ne saisis d’abord pas, ce que cette dame a essayé de me dire. Mais il est certain que ces paroles m’ont réchauffé le coeur.

Quelques semaines passent, environ deux. Le médium m’avait proposé de lui envoyer des sms, lorsque j’en ressentirais le besoin. Afin de m’aider dans mes périodes difficiles.
Nous sommes un soir de pleine lune, je suis dans la voiture de mon petit ami, et je ressens une drôle d’ambiance. Je fais des cauchemars particulièrement effrayants. Et tout autour de moi se pare d’une drôle d’ambiance. Cette boule d’angoisse sous ma poitrine se renforce d’heure en heure. Je décide de lui envoyer un message. C’est à ma grande surprise que celui-ci me répond brièvement un « C’est rien, ça ira mieux », accompagné de quelques autres mots. Je suis très surprise, peut-être l’ai-je dérangé ?.

Je ne lui enverrai plus aucun message, plus aucun appel. Jamais je n’aurais de nouvelles de lui.
Pire encore, j’apprendrais quelques mois plus tard, qu’il ne m’a pas du tout apprécié. Ce gentilhomme a perçu en moi l’expression d’une adolescente prétentieuse, inexpérimentée, et faisant de grandes montagnes avec deux cailloux.
Des années plus tard, il se souviendra de moi, et continuera de me mentionner auprès de mon ami Olivier.

Voilà des années que cette expérience a été vécue. Et le recul, la maturité apportent avec eux quelques éléments de compréhension.
Ce thérapeute, aveuglé par son ego, a vu en moi une potentielle rivale. Je ne saurais jamais ce qui a traversé son esprit lors de notre rencontre. Mais il est certain que loin de comprendre mon désarroi, il a ressenti en lui, le besoin de protéger ses arrières. Face à une jeune adolescente perdue, effectivement inexpérimentée. D’où l’objet de ce long voyage en train pour le rencontrer, et obtenir de l’aide concernant toutes ces choses que je ne comprenais pas. Le complexe d’infériorité aura eu raison de sa posture d’adulte thérapeute. Allant jusqu’à tenter de couper au pied, un roseau déjà bien frêle.

J’ai de nombreuses fois été confrontée à la jalousie, au rejet, et à l’incompréhension. Devenir thérapeute en énergétique et magnétiseuse à 21 ans, n’est pas encore monnaie courante. Ce métier se développe, à une grande vitesse. Les nouvelles générations s’éveillent. Et je serais bientôt une parmi tant d’autres. Pour le moment, il est difficile pour mes collègues quadra ou quinquagénaires, d’accepter l’arrivée d’une plus jeune dans ce domaine.

Je retire deux leçons de cette expérience.
Tout d’abord, les peurs de mes collègues ne m’appartiennent pas. Je ne peux intervenir sur une émotion qui tient sa provenance dans le coeur d’un(e) autre.
Mais également, si l’âge faisait la sagesse, le monde serait bien plus en paix.

Léa,
Nouvelles Vibrations 🌳

Spread the love

One thought on “Chapitre 14 : Je subis les foudres d’un ego sur-dimensionné.”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.